Maladie noire

La «maladie noire» ou «paralysie chronique» des abeilles, toujours nommée «mal de mai» ou «mal des forêts» par les apiculteurs est une maladie virale des abeilles décrite dans de nombreux pays...



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Apiculture - Élevage d'insectes - Médecine vétérinaire - Extinction - Nuisance apicole

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  • Le virus de la maladie noire est particulièrement habituel dans les prélèvements d'abeilles mortes : plus de 70 % des prélèvements diagnostiqués positifs dans les ... (source : apiservices)
  • Abeille " noire " - "Black" ill Bee. Abeille atteinte de la maladie dite... est causée par un virus qui infecte surtout les cellules du ventricule et du ... (source : flickr)
  • ... Chez notre abeille, les virus sont de la famille des Picornaviridea où on... Ce dernier n'est autre que l'agent de la " maladie noire ou mal de mai".... (Egypt Bee Virus au Japon on parle de JEBV), provoque la mortalité... (source : apiwiki)

La «maladie noire» ou «paralysie chronique» des abeilles, toujours nommée «mal de mai» ou «mal des forêts» par les apiculteurs est une maladie virale des abeilles (mais qui pourraient toucher d'autres insectes, dont les fourmis) décrite dans de nombreux pays et qui serait induite par un virus qui infecte surtout les cellules du ventricule et du dispositif nerveux de l'abeille.

Le virus responsable a été identifié et appelé «virus de la paralysie chronique» (CBPV : Chronic Bee Paralysis Virus) (Bailey 1968), mais les anglosaxons nomment aussi la maladie May sickness, C. P. V. ou Chronical Paralysis Virus. Le qualificatif «chronique» a été donné par opposition avec la paralysie «aiguë» induite par un autre virus l'Acute Bee Paralysis Virus (ABPV) qui en condition expérimentale (suite à inoculation volontaire) produit une paralysie des abeilles en 2 à 5 jours tandis qu'il en faut 7 jours pour le CBPV [1]. Selon les experts de l'AFSSA, il contribue de manière significative aux mortalités d'abeilles [2]

Origine

L'origine et l'histoire ancienne de la maladie sont inconnues.

Une contagion expérimentale a été faite pour la première fois en 1945 par Burnside.
Bailey a purifié le virus en 1963 (Bailey et al. 1963). Le virus peut pénétrer l'abeille par la voie digestive, mais également par des lésions de la cuticule (dans ce cas, une charge virale moindre suffit). L'Afssa a montré que le virus est toujours présent et infectant dans les fèces d'abeille, ce qui explique la contagion entre abeilles et colonies lors de confinement des colonies.
Une charge virale élevée a été trouvée par l'Afssa chez les fourmis prélevées près de colonies malades, ces dernières pouvant peut-être contribuer à disséminer le virus (études à suivre).



L'apport de miellat à la colonie par les ouvrières semble être une cause établie de transmission du virus à une colonie, mais il en existe peut-être d'autres, dont la contamination par le matériel apicole.
La maladie est contagieuse dans la ruche ou le rucher et peut décimer des essaims entiers, entrainant d'importantes pertes éco­nomiques.

Symptômes

Ils peuvent être confondus avec ceux de certaines intoxications par des produits neurotoxiques

Des abeilles arrivent avec leur pelotes de pollen en direction de la ruche, et tombent à quelques mètres de la colonie, tremblantes, ne pouvant regagner leur colonies, me fait penser à l'oséma; Les colonies se vident de leur butineuses.

Clinique de la maladie

Des corps d'inclusion ont été trouvés dans les cellules de l'épithélium du tube digestif mais aussi dans le dispositif nerveux d'abeilles malades ce qui a fait dire à Lee et Furgala, en 1965 et Giauffret, en 1967 que le virus se répliquait certainement dans des cellules de ces organes. Mais une charge virale importante est aussi trouvée dans l'hémolymphe d'abeilles infectées (Blanchard et al., 2007).

Facteurs facilitants ?

Génomique

On manque toujours de données sur ce virus, mais la biologie moléculaire (P. C. R. ) a perfectionné sa connaissance et mis en évidence une forme latente asymptomatique. Une carence alimentaire, une baisse de l'immunitée induite par l'exposition aux pesticides ou par des facteurs mal compris pourraient favoriser l'infection par ce virus.

Fréquence

Elle est mal connue chez les apidés sauvages, mais fréquente chez l'abeille domestique : Le virus est fréquemment trouvé chez les abeilles mortes (plus de 70 % des prélèvements diagnostiqués positifs dans les années 1960 en Angleterre). En 3 ans (d'août 2000 à août 2003), la maladie a été diagnostiquée et confirmée par analyses virologiques 157 fois pour 359 cas de mortalités d'abeilles. La majorité des échantillons positifs venaient de ruchers touchés par des affaiblissements de colonies et affectés par des symptômes de tremblements et/ou d'inactivité au pas de vol.

Impacts

En France, les impacts étaient connus faibles en termes de mortalité (qui intervient ponctuellement à la fin du printemps et en début d'été selon Giauffret (1966). C'est néanmoins un des facteurs qui a été évoqué pour tenter d'expliquer les mortalités massives d'abeilles enregistrées à la fin du XXème siècle et depuis, surtout parce que dans les cas de syndromes de paralysie toute une ruche peut être décimée, mais on retrouve les abeilles mortes ou agonisantes sur place ainsi qu'à proximité..

Soins

Pas de traitement médicamenteux connu. L'apiculteur cherche généralement à éviter que du miellat soit disponible pour les abeilles lors de l'hivernage surtout. Certains promeuvent une transhumance dans d'autres régions ou un renouvellement des reines (http ://www. technique-apiculture. info/psite/articles/para. php)

Recherche

En France, L'AFSSA (à Sophia Antipolis, Unité Pathologie de l'Abeille) travaille sur ce virus avec l'aide de fonds européens du FEOGA, pour surtout séquencer ce virus, affiner les outils de diagnostics différentiant une simple présence virale de la véritable maladie (seuil viral)

Liens externes

Bibliographie

  • Allen, M. & Ball, B. V., (1996). The incidence and world distribution of honey bee viruses. Bee World, 77, pp 141-162. Bailey, L., (1968). The purification and properties of chronic bee-paralysis virus. Journal of General Virology, 2, pp 251-260. Bailey, L., (1976). Viruses attacking the honey bee. Dans : Advances in Virus Research volume 20, (Eds : Lauffer, M. A., Bang, F. B., Maramorosch, K., and Smith, K. M. ), pp 271-304. Blanchard, P., * Ribiere, M., Celle, O., Lallemand, P., Schurr, F., Olivier, V., Iscache, A. L. & Faucon, J. P. (2007). Evaluation of a real-time two-step RT-PCR assay for quantitation of Chronic bee paralysis virus (CBPV) genome in experimentally-infected bee tissues and in life stages of a symptomatic colony.

J Virol Methods 141, 7-13. Giauffret, A., Duthoit, J. L., & Caucat, M. J., (1966). Etude histologique du tissu nerveux de l'abeille atteinte de maladie noire. Bulletin Apicole, IX, pp 221-228.

  • Ribière, M., Faucon, J. P., & Pépin, M., (2000). Detection of chronic bee paralysis virus infection : application to a field survey. Apidologie, 31, pp 567-577. Ribière, M., Lallemand, P., and Iscache, A. L., (2004a). Detection of chronic paralysis bee virus in honey bee (Apis mellifera) excreta. Unpublished Work. Ribière, M., Lallemand, * P., & Schurr, F. (2004b). Adult honey bee (Apis mellifera L. ) contamination by the chronic bee paralysis virus (CBPV) below the clinical level. Unpublished Work. Ribière, M., Triboulot, C., Mathieu, L., Aurières, C., Faucon, * J. P., & Pépin, M., (2002). Molecular diagnosis of chronic bee paralysis virus infection. Apidologie, 33, pp 339-351
  • M. Ribière, P. Lallemand, F. Schurr, J. -P. Faucon (2007) le point sur la paralysie chronique dans les ruchers français. Poster


Notes et références

  1. Source : Abeille de France (fr)
  2. Sources : J. -P. Faucon, P. Blanchard, F. Schurr, V. Olivier, O. Celle. Unité Pathologie de l'Abeille, AFSSA Sophia Antipolis, voir bibliographie

en : Chronical Paralysis Virus

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